
L’initiative annoncée par AIDE en 1998 combinait plusieurs programmes et ressources disponibles en région et s’inscrivait parfaitement dans le large consensus régional exprimé lors du Forum sur le développement des affaires internationales de l’Estrie tenu 16 avril 1998 à l’Hôtel le Président à l’instigation de l’Irecus et de la commission des Affaires internationales du CRD. Ce forum adopta alors un plan d’action visant à «Doter la région de l’Estrie d’une identité internationale» et pour y arriver :
Quelques semaines plus tard, AIDE déposait son premier projet de stage intitulé Jeunesse Estrie Maroc qui recommandait de jumeler des jeunes diplômés à des PME de la région pour un stage d’au moins six mois dont trois devaient se dérouler à l’étranger avec un mandat professionnel devant favoriser les relations d’affaires à l’international. Techniquement le projet profitait du programme Jeunesse internationale de DRHC (Développement des ressources humaines Canada) auquel on greffait un appui aux entreprises de Développement Économique Canada, mais on allait beaucoup plus loin puisque AIDE conformément à sa mission interculturelle y ajoutait tout un volet de formation interculturelle destiné aux agents de développement recrutés, car c’est ainsi qu’on appelait les jeunes diplômés recrutés. Le projet Jeunesse Estrie-Maroc comprenait donc une valeur ajoutée qui était de compléter la formation des candidats dans les domaines des relations interculturelles et du marketing international. Pour ce faire, AIDE comptait sur une entente avec l’Université de Sherbrooke (départements de l’administration et de la psychologie interculturelle) et sur un financement spécial de Emploi-Québec qui reconnaît à AIDE un certificat d’agrément émis par Emploi-Québec suivant la Loi favorisant la formation de la main-d’œuvre.
Ce cadre original des stages de AIDE offre plus que n’importe quel programme du genre au Québec, mais ce n’est pas tout: l’expérience de partenariat commencée avec un bon nombre d’intervenants économiques régionaux avec le projet d’étudiants ambassadeurs EAE pourrait se poursuivre à travers cet ambitieux projet de stages internationaux. De fait, la contribution économique des entreprises a été acquise dès la première année de stages et ne s’est pas démentie depuis.
C’est donc une formule qui va bien au-delà d’un simple placement de jeunes diplômés en entreprise, il s’agit d’une véritable stratégie pour mettre à contribution de la région des nouvelles ressources humaines compétentes et, en même temps, pour offrir à des jeunes une occasion unique de relever un défi professionnel dans le domaine international. C’est donc une formule « gagnant-gagnant » tant pour les jeunes agents de développement que pour les entreprises régionales qui les embauchent. Les résultats obtenus depuis trois ans ont confirmée la justesse de notre intuition initiale qui s’est amplifiée année après année.
Exemples :
Actions interculturelles présente aujourd’hui, l’Initiative «Vers un partenariat canadien francophone ouvert sur le monde» qui se compose de deux volets : Un volet Jeunesse appelé «Action Jeunesse interculturelle (AJI)» et un volet Communauté appelé «Le français porteur de diversité culturelle». Ce projet novateur combine l’action concrète à court terme (volet jeune) et la vision structurante à long terme (volet communauté).
Le volet jeune avait pour but de contribuer au développement du plein potentiel des jeunes estriens avec des jeunes immigrants venus de différents pays et en collaboration avec des jeunes de trois provinces canadiennes. Les jeunes avaient pour objectif de développer ensemble une démarche structurante de consultation citoyenne auprès des jeunes des écoles et des maisons de jeunes de la région de l’Estrie. Cette démarche se voulait une expérience de responsabilisation citoyenne pour connaître les priorités des jeunes de l’Estrie afin de les représenter au Congrès mondial jeunesse qui s’est tenu à Québec en août 2008. Ce congrès, qui a accueilli 600 jeunes regroupés en délégations en provenance de plus d’une centaine de pays différents, était l’occasion idéale pour permettre au comité de Action jeunesse interculturelle de représenter la région et de défendre les priorités exprimées par les jeunes de l’Estrie.
Maintenant ces jeunes pourront influencer l’évolution de la société dans laquelle ils évoluent et évolueront en convoitant la passion de bâtir une société inclusive, plurielle et ouverte sur le monde. Par le biais de ce fabuleux projet, les participants de ce groupe, ont enfin eu l’occasion de s’exprimer sur des sujets d’actualités qui les touchent profondément tout en ayant la chance d’être entendu publiquement par des jeunes qui sont venus de plus d’une centaine de pays différents.
Ce projet consistait à créer un groupe interculturel de jeunes de 18 à 35 ans, des québécois d’origines et des jeunes immigrants vivant en Estrie pour discuter des enjeux qui les préoccupaient que ce soit : économiques, politiques, sociaux, environnementaux, culturels, la mondialisation, etc. De plus, les activités de l’Action jeunesse interculturelle étaient structurées par les jeunes eux-mêmes et ceux-ci participaient à l’ensemble des étapes de la réalisation du projet par le biais d’un processus participatif (élaboration, planification, réalisation et évaluation). La « couleur » qu’ont pris les activités, autant sur le plan du contenu que de la forme, était directement liée aux besoins et aux préoccupations des jeunes de la région tout en étant ouvert sur les réalités de leurs collègues jeunes des trois autres provinces. Pour ce faire, plusieurs partenaires nous ont soutenu dans ce projet tel que : le Forum jeunesse de l’Estrie (FJE), Conférence régionale des élus de l’Estrie (CRE-Estrie), Conseil sports loisirs de l’Estrie (CSLE), le secrétariat aux Affaires intergouvernementales canadienne du Québec (SAICQ) et Patrimoine canadien.
De façon concrète, le projet comportait trois grandes phases se déroulant sur une période de trois ans. La phase 1 était la période de démarrage et elle a servi principalement à enclencher le processus participatif à l’Action jeunesse interculturelle. À cette fin, un kiosque a permis de recruter 56 jeunes lors du Festival des traditions du monde de Sherbrooke. La phase 2 était l’année tremplin qui consistait à mettre en œuvre la programmation retenue par les jeunes. Durant cette phase, il y a eu des consultations à travers sept Municipalités régionales de comtés (MRC) de la région. Pour faire suite à ces consultations, les membres du comité AJI ont tenu plusieurs rencontres pour discuter des préoccupations des jeunes estriens.
Enfin, la phase 3 était caractérisée par la tenue du Congrès mondial des jeunes et la mise en place des suites concrètes post congrès. À ce titre, le thème du projet était : « Jeunesse estrienne d’ici et d’ailleurs vers le congrès mondial des jeunes 2008 ». Afin de mener à terme cette phase, un groupe composé de 14 jeunes a agit à titre de « Comité porteur du projet ». Les membres de ce comité étaient composés d’étudiants et de chercheurs d’emploi. L’expérience de chacun a été mise à profit afin de faciliter la création d’un lieu d’actions et de discussions portant sur des thématiques préoccupant les participants telles que l’interculturel et l’intégration, le réchauffement climatique, l’entreprenariat collectif, la création d’emplois et l’élimination de la pauvreté, ainsi que l’eau et la santé. Tout cela avec une vision large qui prend en considération la globalisation des préoccupations dans une ère de mondialisation. Ces rencontres ont permis de soulever de nombreuses problématiques et de proposer de nombreuses pistes de solutions. Elles ont permis également d’intéressantes discussions sur les chemins à emprunter pour accroître l’efficacité des mesures choisies. À titre d’exemple, les membres du comité AJI ont longuement échangé sur l’efficacité des mesures d’éducation et de sensibilisation versus la politisation de ces questionnements et de leurs solutions, ils avaient la préoccupation de suggérer que les actions transcendent les divergences politiques qui souvent sont un frein à la concrétisation de leur application.
Ces discussions ont été répertoriées et synthétisées afin de partager l’opinion estrienne, lors de la 4e édition du Congrès mondial des jeunes 2008 en août, qui a eu lieu à Québec. La région de l’Estrie a brillé lors de ce congrès, puisque la délégation estrienne, avec ces 14 représentants, était la plus grande et la mieux préparée de toutes les délégations du monde. La délégation estrienne était composée des membres du comité AJI, mais aussi de jeunes des associations francophones des provinces canadiennes, dont la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse (FANE), la Fédération des jeunes francophones de Nouveau-Brunswick (FJFNB), l’Alliance jeunesse-famille de l’Alberta (AJFAS) et l’Association francophone de Brooks (AFB). Ces jeunes partenaires ont été sélectionnés selon le niveau de leurs implications sociales parmi de nombreux candidats.
Conjointement à ce Volet «Jeunesse», il est essentiel de mentionner que c’est grâce au Volet «Communautés» et aux échanges avec différents partenaires de l’Alberta, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick que les jeunes partenaires des associations citées plus haut ont pu faire partie de la délégation estrienne. En effet, depuis 2006, Actions interculturelles, dans le cadre du Volet Communauté, a développé un important réseau de partenariat, dans le but de partager ses expériences avec différents organismes du Canada. Dans le cadre d’Action jeunesse interculturelle, ces échanges ont permis entre autres, aux jeunes de l’Estrie, de l’Ouest canadien et de l’Acadie de mieux se connaître, d’apprécier la diversité de la francophonie et de développer leur éducation interculturelle. Ces relations ont abouti à des résultats concrets, tels que le transfert de savoir faire et technologique au profit de l’Association francophone de Brooks, la participation des jeunes de la Fédération acadienne de Nouvelle-Écosse (FANE) et de l’Association de canadienne-française de l’Alberta (ACFA) à la dixième édition du Festival des Traditions du Monde à Sherbrooke en 2007.
Le Volet «Communauté» a suivi des étapes de maturation afin de créer un réseau de communautés francophones et acadiennes dans le but de tisser des partenariats, des échanges et des collaborations et de se préoccuper du développement des communautés par l’immigration francophone. Relativement à ce succès du Volet Jeunesse et afin de créer un partenariat pancanadien, Actions interculturelles a proposé d’élargir les échanges en invitant des organismes francophones de toutes les provinces du Canada et des Territoires du Nord-Ouest, et de participer ainsi conjointement au Sommet de la francophonie pour faire valoir l’importance et la diversité de la francophonie en Amérique du nord. Pour ce faire, Actions interculturelles a organisé, du 13 au 15 octobre 2008 à Québec, en marge du sommet de la francophonie, des journées d’échanges sur « Le français, porteur de diversité culturelle, à partir de la société civile ». Une des orientations marquantes de ces journées d’échanges a été la volonté des organismes participants à développer des partenariats solides et fructueux autour des trois thématiques traitées, soit la diversité culturelle, le dialogue interculturel, et l’immigration francophone. Cette convergence de points de vue s’est matérialisée à travers une «Déclaration commune» produite par les participants et qui a été adressée aux dignitaires invités au Sommet de la Francophonie et plus particulièrement au Secrétaire général de la francophonie, au Premier ministre du Canada et au premier ministre du Québec. La publication «Des partenariats pour renforcer la francophonie canadienne» est envoyée également à tous les ministres responsables de la francophonie à travers le monde. Cette activité a su montré la détermination de toutes les communautés francophones et acadiennes du Canada à se mobiliser pour se préoccuper de l’enjeu de l’immigration et des relations du Canada avec les pays de provenance des immigrants francophones. La vitalité de la francophonie canadienne dans toute sa diversité est en jeu et c’est l’Estrie par ce projet qui a lancé cette démarche de partenariat avec l’objectif d’assurer le développement des communautés par l’immigration francophone.