Personnalité à découvrir : Yvette Marie Barika-Note

Dans le cadre de l’édition 2015 du Mois de l’histoire des Noirs, Actions interculturelles a rencontré quatre personnes exceptionnelles issues de la communauté noire de Sherbrooke. Nous vous présentons à l’instant Mme Yvette Marie Barika-Note. Bonne lecture!

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Aussi connue sous le nom de Maman Yvette par une bonne partie de la communauté noire de l’Estrie, Yvette Marie Barika-Note est arrivée au Canada en compagnie de ses enfants dans l’objectif de fuir la guerre qui sévissait dans son pays d’origine. L’un de ses fils avait choisi d’étudier à Sherbrooke, ce qui les a amené, elle et les autres enfants plus jeunes, à s’établir aussi dans cette ville calme et estudiantine.

Détentrice d’un baccalauréat en Sciences commerciales option distribution de l’École Supérieure de Commerce d’Alger, elle a travaillé quelques années dans une entreprise commerciale avant de se lancer dans le commerce dans son Congo natal.

« Comme beaucoup d’immigrants, quand je suis arrivée, je n’ai eu d’autre choix que d’être placée sur l’aide sociale. Je me sentais très surveillée et je n’aimais pas l’idée de dépendre financièrement de qui que ce soit. J’ai cherché comment m’en sortir tout en préservant ma dignité. Je me suis rapidement renseignée sur le programme de soutien aux travailleurs autonomes, j’ai suivi des formations à Pro-Gestion Estrie pour actualiser mes connaissances, surtout celles reliées à l’informatique, et j’ai ouvert ma boutique en 2008. Les quelques mots d’anglais que j’ai appris pendant mes 16 mois passés à Terre-Neuve m’ont permis d’entretenir une clientèle et une partie de mon réseau d’affaires qui ne fonctionnent qu’en anglais. Aujourd’hui, je suis confiante d’avoir bâti un  réseau de fournisseurs et de sources d’approvisionnement fiables. Cela a nécessité beaucoup de recherches et de persévérance, mais j’y suis parvenue », déclare Mme Note.

Pourquoi une boutique d’alimentation et de produits de beauté, en majorité d’origine africaine?

« D’abord, parce que j’aime vendre les produits que je connais, je peux convaincre les clients de leur efficacité. Ensuite, parce que les Africains qui arrivent au pays sont réjouis  de retrouver des aliments et des produits de beauté connus dans ce genre de boutiques. La section épicerie leur donne la possibilité de manger un peu « comme chez soi » et se sentir moins loin de leur pays d’origine. En plus de vendre des produits alimentaires, il me fait plaisir d’informer les gens d’ici sur la préparation de certains mets exotiques », explique-t-elle.

«Entrer chez Ô Tropik, c’est entrer chez une maman »

Dommage que le slogan « On trouve de tout, même un ami » soit la propriété des pharmacies Jean Coutu, car il aurait bien traduit l’ambiance que la clientèle ressent en entrant dans la boutique de Maman Yvette! Sa patience, sa bonté, sa bonne oreille et sa sagesse poussent plus d’un client à entretenir de grandes conversations avec elle.

« Je découvre qu’il y a des gens ici qui n’ont pas de  famille et qui passent des journées entières sans avoir quelqu’un avec qui échanger. En Afrique, quand tu veux communiquer, tu vas te confier à ta tante, ta cousine, ta grand-mère…  Je leur rappelle peut-être cette proximité familiale. Du moins, je leur inspire confiance et c’est important pour moi de les écouter s’ils ont besoin de parler. J’aime beaucoup ma clientèle et elle me le rend bien. Elle est très attachante et solidaire. Je ne peux terminer cette entrevue sans lui exprimer ma gratitude et ma reconnaissance, grand merci ».